Arrivés en retard : trois histoires vraies

· Rédaction Smartchrono (Momentum Solutions)

Un horaire périmé, un petit tour de trop, un cours déjà commencé : arriver en retard peut coûter une course ou, plus rarement, tourner à l’avantage de celui qui arrive. Voici trois histoires vraies, de Munich à Berkeley, avec leurs sources sous chaque récit.

Tirer une histoire au hasard

Une roue désigne au hasard l’une des trois histoires de cette page. Les trois restent lisibles en dessous, avec ou sans la roue.

  1. Munich 1972 : un horaire périmé, deux favoris du 100 m trop tard
  2. Tour de France 1989 : parti avec 2 min 40 de retard, en jaune
  3. Berkeley 1939 : l’étudiant en retard qui prend l’énoncé pour un devoir

Munich 1972 : un horaire périmé, deux favoris du 100 m trop tard

Les Américains Eddie Hart et Rey Robinson arrivent à Munich après avoir égalé le record du monde du 100 m lors des sélections américaines. Après le premier tour, ils se reposent. Leur entraîneur, lui, travaille avec un programme qui n’est plus d’actualité : il situe les quarts de finale à 18 h, alors qu’ils se courent à 16 h. Les deux sprinters découvrent la vérité devant un téléviseur, filent au stade, mais il est trop tard. Seul leur coéquipier Robert Taylor arrive juste à temps ; il finira deuxième de la finale.

La leçon : Avant un rendez-vous important, on relit l’horaire officiel, pas celui que l’on croit connaître.

Sources : Olympedia (base de données olympique), Los Angeles Times, 31 août 2002

Tour de France 1989 : parti avec 2 min 40 de retard, en jaune

Le Tour 1989 s’ouvre à Luxembourg par un exercice contre la montre de 7,8 km, censé être une formalité. Pedro Delgado, tenant du titre, est appelé en dernier avec le maillot jaune. À son tour de partir, il manque à l’appel : son temps court déjà depuis 2 minutes 40 quand il arrive. Il expliquera avoir cru disposer d’assez de temps pour « un petit tour ». Il terminera le Tour à la troisième place, à 3 minutes 34 de Greg LeMond.

La leçon : Quand le chrono est lancé, il n’attend personne, même le porteur du maillot jaune.

Sources : Le Parisien, 1er juillet 2013, El País, 2 juillet 1989

Berkeley 1939 : l’étudiant en retard qui prend l’énoncé pour un devoir

Un jour de 1939, George Dantzig entre en retard dans la salle de cours de Jerzy Neyman, à Berkeley. Deux énoncés sont inscrits au tableau ; il les note, convaincu d’avoir un devoir à rendre. Quelques jours plus tard, il s’excuse auprès de Neyman d’avoir mis si longtemps : les problèmes lui semblaient un peu plus difficiles qu’à l’ordinaire. Environ six semaines plus tard, Neyman vient frapper chez lui un dimanche matin : il s’agissait de deux problèmes ouverts de la statistique. Dantzig racontera lui-même cette histoire ; il sera plus tard connu pour la méthode du simplexe, utilisée en planification.

La leçon : Ne pas savoir qu’un problème est réputé difficile peut aider à l’attaquer sans complexe.

D’après le récit de George Dantzig lui-même (entretien de 1986), repris par MacTutor et Snopes.

Sources : MacTutor, université de St Andrews, Snopes (vérification des faits)

Comment nous avons choisi ces histoires

Nous n’avons gardé que des faits confirmés par au moins une source fiable, citée sous chaque histoire. Les récits trop beaux pour être vérifiés, ou démentis, ont été laissés de côté. Quand un récit vient de l’intéressé lui-même, nous le disons. Les citations en anglais sont traduites par nos soins.

Pour vos propres rendez-vous

Pour arriver à l’heure, réglez le chrono sur l’heure exacte du départ et vérifiez cette heure à la source (le guide du compte à rebours voyage). Un lien unique permet ensuite à chacun de voir le même temps restant (le guide du compte à rebours partageable).

Questions fréquentes

Quel retard Pedro Delgado avait-il au départ du Tour de France 1989 ?

Son chronomètre tournait depuis 2 minutes 40 quand il s’est présenté au départ du contre-la-montre de Luxembourg, le 1er juillet 1989. Il a terminé ce Tour à la troisième place, à 3 minutes 34 du vainqueur, Greg LeMond.