Une date limite se rate parfois de très loin : en route vers la Lune, après plus d’un siècle, ou en riant d’elle. Voici trois histoires vraies d’échéances oubliées ou laissées filer, avec leurs sources sous chaque récit.
Tirer une histoire au hasard
Une roue désigne au hasard l’une des trois histoires de cette page. Les trois restent lisibles en dessous, avec ou sans la roue.
Apollo 13 : une échéance fiscale en route vers la Lune
Deux jours avant le décollage d’Apollo 13, Jack Swigert remplace un équipier exposé à la rubéole. Dans la précipitation de cette nomination, une tâche passe à la trappe : sa déclaration de revenus, due le 15 avril. En vol, le centre de contrôle évoque l’échéance ; Swigert reconnaît n’avoir rien envoyé. À Houston, on en plaisante, puis on lui confirme un délai supplémentaire de 60 jours. À son retour, le président Nixon plaisante à son sujet : il « connaît le percepteur ».
La leçon : Une liste de départ complète inclut aussi les échéances qui tombent pendant l’absence.
En septembre 2026, la bibliothèque publique de Concord, dans le New Hampshire (États-Unis), accorde une année sans amendes de retard. Un habitant en profite pour rapporter un volume relié du « Century Illustrated Monthly Magazine » daté de septembre 1894, marqué d’une durée de prêt d’une semaine. Il ne sait pas comment ce volume est arrivé chez lui. Le compte est impressionnant : 48 220 jours de retard, ce qui ferait en théorie 12 055 dollars d’amende, que la bibliothèque ne lui demandera pas. Le volume ne retournera pas en rayon : la bibliothèque espère l’exposer.
La leçon : Les rappels d’échéance ont un avantage : ils évitent que l’oubli ne dure un siècle.
Douglas Adams, les dates limites et le bruit qu’elles font en passant
(hommage publié dans le Guardian)
Dans l’hommage qu’il lui consacre dans le Guardian en mai 2001, Richard Dawkins, professeur à Oxford et ami de l’écrivain, présente Douglas Adams, l’auteur du « Guide du voyageur galactique », comme l’un des grands humoristes de son époque. Il rappelle qu’Adams riait de lui-même avec la même bonne humeur, par exemple de ses épiques pannes d’écriture, et rapporte cette formule, que nous traduisons : « J’adore les dates limites. J’adore le bruit qu’elles font en passant. » Une plaisanterie sur ses propres retards d’écriture.
La leçon : On peut rire d’une échéance manquée ; mieux vaut quand même la noter quelque part.
Citation traduite par nos soins, telle que la rapporte Richard Dawkins dans son hommage au Guardian ; nous n’avons pas d’autre source.
Nous n’avons gardé que des faits confirmés par au moins une source fiable, citée sous chaque histoire. Les récits trop beaux pour être vérifiés, ou démentis, ont été laissés de côté. Quand un récit vient de l’intéressé lui-même, nous le disons. Les citations en anglais sont traduites par nos soins.